mercredi 28 mai 2014

Louise Labé - Dame Lyonnoise



Louise Labé

La Belle Cordière



Louise Labé - 1524 - 1566



Fais que celui que j'estime mon tout,


Qui seul me peut faire plorer et rire,


Et pour lequel si souvent je soupire,

Sente en ses os, en son sang, en son âme,


Ou plus ardente, ou bien égale flamme.


Alors ton faix plus aisé me sera,


Quand avec moi quelqu'un le portera.











Oh si j'étais en ce beau sein ravie,
De celui-là pour lequel vais mourant,
Si avec lui vivre le demeurant,
De mes courts jours ne m'empêchait envie,

Si m'accolant, me disait : Chère Amie,
Contentons nous l'un l'autre, s'assurant,
Que jà tempête, Euripe, ni courant,
Ne nous pourra déjoindre en notre vie,

Si de mes bras le tenant accolé,
Comme du lierre est l'arbre encercelé,
La mort venait, de mon aise envieuse,

Lors que souef plus il me baiserait,
Et mon esprit sur ses lèvres fuirait,
Bien je mourais, plus que vivante, heureuse.



Louise Labé
Elégies et Sonnets 








Christine Filiod-Bres
28 mai 2014