samedi 4 janvier 2014

Musique - Elisabeth SCHWARZKOPF










Elisabeth SCHWARZKOPF 
ou le triomphe de la volonté 

1915 - 2006




Cette prussienne bon teint, née en 1915, dans l'actuelle Pologne, et la région de Poznan à l'époque territoire prussien, n'était pas une sentimentale. Elle reçut de la part de ses parents une éducation stricte, qui servit sa volonté farouche et son ambition artistique jamais démenties, lesquelles la conduisirent vers une carrière internationale de soprano, où elle fit les belles heures, entre autres, du répertoire mozartien, sur toutes les grandes scènes d'opéra.


Son adhésion au parti nazi en 1938, et ses relations, assez proches, avec Joseph Goebbels, ministre de la propagande nazie, et Hans Franck, le Gauleïter du sud de la Pologne, qui eut pour elle une certaine inclination, lui valurent à la fin de la guerre, d'être traduite devant le tribunal de "dénazification". Mais comme souvent, dans ce genre d'affaires, le temps arrange bien les choses, et elle  fut acquittée ... 

Excepté cependant pour les américains, qui se montrèrent plus sourcilleux, le New-York Times l'ayant baptisée "la diva nazie", et qui lui interdirent l'accès au Metropolitan Opera de New-York, en la personne de son Directeur de l'époque, lequel contestait sa "dénazification" ; de même que celle d'autres grands artistes allemands, comme le chef Willelm Furtwängler ou Herbert von Karajan, et où elle ne put se produire seulement qu'à partir de 1964 .


Sa très grande carrière internationale commença après-guerre, sous l'impulsion du producteur anglais de la firme EMI, Walter LEGGE, qu'elle épousa fort opportunément, et qui orchestra, de main de maître,  sa magnifique production discographique.



Il n'en reste pas moins qu'elle fut une des plus grandes interprètes des rôles mozartiens, et que sa voix remarquable fit merveille, dans la Comtesse Almaviva, des Noces de Figaro, et Donna Elvira de Don Giovanni ; elle fut également une inoubliable Maréchale dans le Chevalier à la rose de Strauss. Quant à son interprétation des quatre derniers lieder de Strauss, elle est à mon sens inégalée.


Elisabeth SCHWARZKOPF, avait un caractère bien trempé, qui à la fin de sa carrière, s'illustrait dans les master-classes qu'elle animait de son regard métallique et de son sourire un peu narquois.


Une très grande dame du chant lyrique, qui avait réussi à faire oublier son passé politique sulfureux, et qui reste une référence incontournable parmi les cantatrices du XXe siècle.


Christine Filiod-Bres
4 janvier 2013









Richard Strauss - Les quatre derniers Leader