jeudi 21 novembre 2013

Musique - Sophie WATILLON






Sophie WATILLON
1975 - 2005



"Le bois m'inspire énormément, il est très évocateur, les cordes en boyau, l'archet et sa courbure, sa souplesse ... Je peux discuter des heures avec un archetier et me passionner pour cette recherche du son." 


Née à Namur en Belgique, dans une famille de musiciens, Sophie Watillon, jeune violiste belge, intègre à seize ans le Conservatoire de Maastricht, sous la direction de Philippe Pierlot, puis rejoint Wieland Kuijken à Bruxelles, ainsi que Paolo Pandolfo à la Scola Cantorum de Bâle ; collaborant également au début de sa carrière, avec le Ricercar Consort et le musicologue liégeois, Jérôme Lejeune.

Elle deviendra également un membre à part entière de l'Hesperion XXI et du Concert des Nations de Jordi Savall lequel dira d'elle  "Elle excellait sur toutes les violes, aussi bien la basse que le dessus, et plus qu'un membre du concert, elle est très vite devenue ma partenaire. Nous dialoguions à deux dessus, comme deux chanteurs." 

Sophie Watillon s'adonnait également à l'enseignement, dans sa classe de musique ancienne, à l'Académie de Woluwe-Saint Lambert, de même qu'à l'Ecole Supérieure de Musique de Catalogne, se consacrant à ses élèves qu'elle qualifiait de "jeunes eaux de source." 






Cette merveilleuse interprète se caractérisait par une très grande élégance morale, reconnue de tous, sans aucune concession au vedettariat, qui la laissait indifférente. C'est pourquoi, elle demeure hélas trop méconnue, excepté du public amoureux de la musique baroque, que sa disparition prématurée, à l'âge de trente-neuf ans, a laissé totalement dévasté, tant les accents parfois déchirants, qu'elle tirait de sa viole de gambe, pouvaient émouvoir jusqu'aux tréfonds de l'âme.




Sa discographie laisse quelques chefs d'oeuvre notamment chez Marin Marais, où "La rêveuse"  est à faire pleurer les pierres. Déjà malade, elle aura eu le temps d'enregistrer le très beau "Les saisons, les mois et autres divisions du temps" de Christopher Simson.

Elle meurt, le 31 août 2005, à Namur, sa ville de naissance, laissant à tous le souvenir impérissable d'un être d'exception, au service de la musique, à laquelle elle aura consacré l'essentiel de sa jeune existence.













Christine Filiod-Bres
21 novembre 2013

  

samedi 16 novembre 2013

Musique








Maria Cristina KIEHR


"Je suis un instrument parmi les autres"



Venue au chant en 1983, Marie Cristina KIEHR, soprano née en Argentine, d'origine danoise, quitte son pays pour étudier le chant baroque auprès de Renée JACOBS à la Scola Cantorum de Bâle, et se spécialise dans ce répertoire.

C'est à Innsbrück, en Autriche, que débute sa carrière en 1988, où elle fonde avec le harpiste Jean-Baptiste AYMES, le Concerto Soave Ensemble, qui se consacre essentiellement à la musique italienne de l'époque baroque.


Elle poursuit, jusqu'à nos jours, une carrière magnifique auprès des plus grands Ensembles de musique ancienne, entre le Concerto Vocale de René Jacobs, le Concerto Köln, l' Ensemble 415,  l'Ensemble Vocal Européen de Philippe Herreweghe, l' Hesperion XX de Jordi Savall, La Fenice de Jean Tubery ... Elle collabore également avec les plus grands chefs, Frans Brüggen, Nicolaus Harnoncourt, et le très grand maître du clavecin, Gustav Leonhardt.


Maria Cristina Kiehr, Jean-Baptiste  Aymes et le Concerto Soave


La discrétion de Maria Cristina KIEHR, n'a d'égale que sa simplicité, qui la porte à fondre sa voix, comme elle le dit, à l'instar "d'un instrument parmi les autres" ...

Et pourtant, qui entend pour la première fois, la suavité de son timbre, la pureté de sa diction, qui touchent à la grâce, ne pourra plus jamais oublier cet instant de la découverte, où on a soudain le sentiment que la vie a un sens, et que nous sommes au monde, pour ressentir parfois une émotion d'une telle intensité, qu'elle restera gravée en nous à jamais.

Il est cependant regrettable que la notoriété de cette merveilleuse interprète soit essentiellement cantonnée au domaine du chant baroque, car elle est hélas bien moins médiatisée que certaines de ses consoeurs, qui abordent des répertoires plus connus, et déclinés parfois ad nauseam, ce qui prive le grand public d'un accès à la beauté à l'état pur.

Je donnerais tout l'or du monde pour la voix de Maria Cristina KIEHR et lui voue une très grande admiration, de même que j'éprouve du respect pour la très belle femme, discrète et réservée qu'elle est, uniquement requise par son chant, qu'elle élève au plus haut rang de l'art occidental.  

Christine Filiod-Bres
15 novembre 2013










Je dois à mon cher Jean-Christophe Pucek, l'Animateur de Passée des Arts, et à Geoffroy de Longuemar, tous deux merveilleux passeurs de la musique ancienne, d'avoir découvert Maria Cristina Kiehr, pour cela, grâce leur soit rendue, et reconnaissance éternelle.