lundi 9 septembre 2013

Cinéma en DVD







Jours de pêche en Patagonie
Ricardo SORIN - Argentine



Ceux qui ont lu Bruce Chatwin, savent un peu ce qu'il en est de la Patagonie et de ses paysages sauvages du bout du monde. Ils sont très présents  dans le dernier film de l'argentin Ricardo Sorin, qui nous avait déjà offert le merveilleux "Bombon el perro", sorte d'ovni incroyable, dont les héros étaient un chien placide et son maître, naïf et bienveillant.



On retrouve ici cet esprit de gentillesse, teinté d'humour doux amer, qui est la marque des films de Ricardo Sorin, notamment dans la description des rapports humains, simples et chaleureux, mais réservés, ce qui, au moins pour cette raison, mérite que l'on voit ce film, tant nos jungles urbaines nous apparaissent encore davantage dépourvues d'humanité.



Le héros, un homme d'une cinquantaine d'années, venu de Buenos Aires pour quelques jours de vacances, suite à un accident de santé, arrive en Patagonie pour pêcher le requin. Mais on verra bientôt que d'autres motivations semblent l'avoir attiré dans la petite ville côtière de Puerto Deseado.



Je ne dévoilerai pas davantage l'histoire de ce film émouvant et empreint d'une grande humanité, à travers une galerie de personnages atypiques. L'acteur principal Alejandro Awada, est excellent en homme qui tente de se donner une seconde chance, et tous les rôles secondaires sont également très bien tenus par des acteurs qui, pour la plupart, ne sont pas professionnels.



Le cinéma argentin, pourtant doté de peu de moyens, produit des films remarquables et nous prouve, une fois de plus, qu'un film c'est avant tout une bonne histoire, de belles images, un scénario bien construit, avec un point de vue honnête sur le cinéma.



Il n'y a pas un plan de trop, et la photographie magnifique, nous donne envie de prendre notre sac à dos, et de nous embarquer immédiatement, sur un cargo, en partance pour la Patagonie.



Jours de pêche en Patagonie
Ricardo Sorin - 2012 - En DVD  




Peinture





Et si on laissait tranquille Edward HOPPER !



J'ai appris récemment, que le fameux tableau d'Edward HOPPER, "Nighthawks", était actuellement projeté en 3D dans une vitrine, au pied d'un ancien gratte-ciel de New York.


Ce serait bien qu'on laisse un peu tranquille Edward Hopper, dont les toiles, du train où vont les choses, vont se retrouver reproduites, sur les tasses, les stylos, les coussins, les plateaux-repas, à l'instar d'une Marilyn Monroe ou d'une Audrey Hepburn, dont l'image est déclinée partout ad nauseam. Pour ne rien dire d' Ernesto Guevara, dont la figure symbolique, est totalement dévoyée. On peut d'ailleurs se demander ce qu'il en penserait, s'il revenait en ce monde, lui qui avait abandonné le pouvoir pour s'engager dans une aventure incertaine, et finir dans les circonstances tragiques que l'on sait. Il faut aussi évoquer le pauvre Vincent Van Gogh, qui ne vendit pratiquement pas une toile de son vivant, et dont l'exploitation marchande est orchestrée à l'échelle planétaire.


Même si Hector Obalk a dit que Hopper n'était pas un bon peintre, ce dont je ne lui tiens absolument pas rigueur, son oeuvre se suffit largement à elle-même, et n'a nul besoin d'être la proie de cette marchandisation rampante.



Edward Hopper - "Nighthawks" -  1942 - The Art Institute of Chicago





Glenn Miller & his orchestra - Moonlight serenade - 1939




Christine Filiod-Bres - 9 septembre 2013