vendredi 30 août 2013

De tout, un peu - Ma galerie d'art






Ma galerie d'art





Parure funéraire féminine - Premier quart du XIIe siècle - Dynastie Liao - Mongolie intérieure ou Liaoning






Chine - Hibou - Vase funéraire - 1er siècle avant J.C.- Dynastie Han de l'Ouest


Mon carnet de haïkus












Midori




Dans la maison silencieuse


Recueillie et pensive


La joueuse de shamisen







Etsuko Chida - Musical silk road


Christine Filiod-Bres - 30 août 2013

Littérature




Sylvain TESSON - Dans les forêts de Sibérie



Sylvain Tesson


"Assez tôt j'ai compris que je n'allais pas pouvoir faire grand chose pour changer le monde. Je me suis alors promis de m'installer quelques temps, seul, dans une cabane. Dans les forêts de Sibérie."

Et il l'a fait. Ecrivain voyageur, géographe de formation, Sylvain TESSON, nous raconte son expérience de vie solitaire, en Sibérie, sur les rives du lac Baïkal, où il s'installe durant six mois, dans une cabane de quelques mètres carrés.

Le temps s'écoule au rythme des tâches incontournables, comme l'allumage et  l'entretien du poêle, le trou dans la glace, que l'on creuse, pour pêcher le poisson du jour, les marches solitaires dans la nature intacte, le froid, les fusées qu'il faut lancer pour éloigner les ours, l'observation du ciel en fumant le cigare, la lecture insatiable, l'accueil autour d'un thé et de force vodka, des très rares visiteurs russes, qui habitent au moins à une journée de marche.

Si, comme l'a dit Blaise Pascal, tout le malheur de l'homme vient qu'il ne peut demeurer seul en paix dans sa chambre, il n'en est rien pour Sylvain Tesson, qui nous démontre, par ce récit fascinant, dont l'humour n'est pas exclu, qu'il faut parfois se perdre pour mieux se retrouver, et que la grande terre russe, qu'il affectionne particulièrement, de même que ses habitants, lui aura procuré l'apaisement qu'il était allé chercher.

A ranger entre "Construire un feu" de Jack London et "Winter" de Rick Bass.


Christine Filiod-Bres
30 août 2013





Dans les forêts de Sibérie
Sylvain Tesson
Gallimard et collection Folio poche 


Arvo Pärt - Sanctuary - Silentium

lundi 19 août 2013

Mon carnet de haïkus






Pour Sylvia Plath




Infinie douleur de l'âme

Cloche de détresse

Tristesse de Sylvia Plath






















Christine Filiod-Bres - 2012


Sibelius - Valse triste

Littérature - Manuel VASQUEZ MONTALBAN






Manuel VASQUEZ MONTALBAN
 et la figure de son héros Pepe CARVALHO



Manuel Vasquez Montalban - 1939 2003



La disparition brutale de Manuel VASQUEZ MONTALBAN, le 18 octobre 2003, victime d'un infarctus, à l'aéroport de Bangkok, a mis fin à la saga du détective Pepe CARVALHO, personnage emblématique de l'oeuvre de l'écrivain, qui avait créé une figure charismatique de héros cynique et désabusé, dans le droit fil de la grande série des détectives revenus de tout.

Hormis un plat de riz à l'encre de seiche, dégusté dans un restaurant de Palafrugell, il n'y a pas grand chose qui émeut le Barcelonais, détective gastronome, sorti des prisons du Caudillo, observateur ironique de la nouvelle Espagne, surfant sur la vague du miracle économique, avec les écueils que l'on sait.

Assez largement autobiographique, l'auteur ayant lui-même connu la paille des cachots de Lerida durant trois ans, son héros n'est jamais aussi pathétique quand seul dans sa maison, sur les hauteurs de Montjuïc, il déchire calmement, et jette au feu, les pages d'un  livre qu'il a beaucoup  aimé, persuadé qu'il ne lui sera plus jamais d'aucun secours.


Christine Filiod-Bres
novembre 2013








Manuel VASQUEZ MONTALBAN n'est pas seulement un écrivain de roman noir, il est également l'auteur d'une originale et intéressante biographie du général Franco, de nouvelles, de romans, dont, entre autres, LE PIANISTE, sans doute le plus beau.













samedi 17 août 2013

Poésie - Les bouleaux




Les bouleaux



J'aime les bouleaux
Leur finesse gracile
Ils sont mélancoliques
Délicats et penchés


Derrière la clôture
Il en est un très beau
Le vent le trouble un peu
Les oiseaux s'en amusent


Il fut blessé, un jour
Et j'ai pensé alors
Ne plus jamais le voir
En ouvrant la fenêtre


La nature, magnanime
A fait grâce à l'écorce
Et la sève a nourri
Son grand tronc, blanc et noir


Mais au soir de ma vie
Pourrais-je encore me dire
Que j'aimais les bouleaux
Leur finesse gracile





Christine Filiod-Bres - août 2013
Vert Céladon


Arkip Ivanovitch Kouindji - 1841 - 1910




Sviatoslav Richter - Scriabine




vendredi 16 août 2013

Cinéma - Michael KOHLHAAS






Michael KOHLHAAS - Un film d'Arnaud des PALLIERES - France - 2013




Nous étions assez peu nombreux, hier après-midi, en ce 15 août ensoleillé, pour voir ce "Michael KOHLHAAS" d'Arnaud des PALLIERES, mais l'extrême attention était palpable chez tous les spectateurs. On sentait bien qu'ils savaient ce qu'ils étaient venus voir et n'étaient pas là par hasard, mais attirés par l'aura émanant de ce film et de son principal interprète.



Adapté d'une oeuvre du dramaturge et écrivain allemand, Heinrich von KLEIST, inspiré d'un véritable événement s'étant déroulé en Allemagne, dans la Saxe du XVIe siècle, le réalisateur, tout en s'affranchissant du roman initial, mais en conservant son esprit, a transposé l'histoire dans les austères Cévennes du XVIe siècle.



Le destin d'un éleveur et marchand de chevaux, prospère, paisible, et heureux en famille, Michael KOHLHAAS, bascule inexorablement, lorsque se rendant à la foire, accompagné de ses valets,  il se voit arrêté par les hommes de main d'un jeune baron, tout aussi inquiétant que pervers, qui lui réclame un droit de passage illégal. Menacé, et contraint d'acquitter cet octroi, il laisse en gage deux très beaux chevaux, et son plus fidèle valet, pour veiller sur eux. Bien sûr, les choses ne se passeront pas comme prévu et prendront une tournure dramatique.  Michael KOHLHAAS n'aura de cesse de demander réparation du préjudice et des cruels sévices infligés à son valet.





Un autre événement tragique, que je n'évoquerai pas, afin de ne pas dévoiler le mystère du film, déterminera à jamais son attitude et l'orientation de son existence, ainsi que celle de sa fille. Il sera entraîné dans une spirale inéluctable pour défendre ses principes moraux, auxquels on verra qu'il est viscéralement attaché, son honneur bafoué, et son rejet de l'oppression et de l'injustice. On comprend, au fil du récit, qu'il appartient à une petite communauté allemande, protestante, installée dans les Cévennes, et qu'il est pétri des préceptes de sa foi.

Ce film nous montre un homme prêt à risquer sa vie, celle de sa fille, et de la petite armée qu'il a levée, pour se dresser contre le pouvoir princier et les juges, qui lui refusent réparation et ont orchestré le drame qui l'a fait basculer dans la révolte ; sur le chemin de laquelle, il rencontre un théologien, sensé personnifier Martin LUTHER, au cours d'une confrontation morale et religieuse intense, qui influencera sa décision.

La dernière scène du film est magnifique, à la fois surprenante et terrible, où la justice est rendue selon la dureté des usages en vigueur à l'époque, et nous démontre, s'il en était besoin, que le prix à payer lorsque l'on brave les puissants est parfois celui du sang. L'extraordinaire modelé du visage de Mads MIKKELSEN, digne de la plus belle statuaire, s'imprégnant du vent qui souffle sur les Cévennes arides, suscite une émotion poignante, et nous poursuivra longtemps.





Ce film remarquable, pêche cependant par de nombreuses ellipses, susceptibles d'affaiblir son propos et de désorienter certains spectateurs, on ne comprend pas tout, c'est le moins qu'on puisse dire, et il faut se référer à l'ouvrage de KLEIST, pour vraiment saisir la portée du rôle du théologien. De  même, la scène de l'abbaye, paraîtra obscure à ceux qui méconnaissent les usages des congrégations  religieuses de ce siècle. Par ailleurs, la présence d'une petite communauté allemande, protestante, dans les Cévennes du XVIe siècle est-elle vraisemblable ... les amoureux de la recherche historique, se pencheront sur cette intéressante question.

De même que le phrasé moderne des dialogues prononcés par les acteurs, peut dérouter, même si j'y vois là une volonté manifeste du réalisateur de transcender les époques, démontrant ainsi que le combat du héros est intemporel. Enfin, pour conclure sur la forme, la scène où le héros, dans le calme de son logis, lit la Bible sur un exemplaire de livre qui semble tout droit sorti des presses de Gallimard, m'a beaucoup gênée, quant à la réalité historique relative à la tradition de l'imprimerie. Là encore, certainement, une volonté de la réalisation.



Que dire de la prestation de Mads MIKKELSEN, sinon qu'elle est magistrale. Cet immense comédien danois, trouve ici l'un de ses plus grands rôles, lequel lui confère un statut d'acteur mythique en devenir, digne de ses plus prestigieux prédécesseurs.  On a plaisir aussi à retrouver le grand Bruno GANZ, dans un rôle ambigu et obscur, acteur "wendersien" par excellence, et qu'on voit, de temps en temps désormais, dans le cinéma français.

Bonne surprise aussi que la présence de David Bennent, l'enfant du "TAMBOUR" de Volker SCHLÖNDORFF, dans le rôle du valet, César, qui apporte, par son jeu et sa diction, une note à la fois discordante et insolite, mais très intéressante.
A noter aussi, la prestation de Denis LAVANT, dans le rôle du théologien, acteur que d'ordinaire, je ne n'apprécie pas, tant je trouve son jeu systématiquement tourmenté et excessif, mais qui ici, fait preuve d'une remarquable sobriété, dans la scène de la confrontation morale avec le héros, emportant ainsi mon adhésion, ce qui n'était pas gagné.

Les rôles féminins sont plus en retrait, excepté la jeune Mélusine MAYANCE  qui interprète avec talent la très jeune fille de Michael Kohlhaas, mention aussi à Roxane DURAN, dans le rôle de la princesse d'Angoulême, dont le visage, presque ingrat, dépourvu de tout maquillage, semble tout droit sorti du tableau d'un maître de la Renaissance. Le jeune Swann ARLAUD est également très intéressant, dans le rôle inquiétant du baron.

La bande son, austère et très belle, est assurée par l'ensemble LES WITCHES, et le vent  qui souffle sur la lande cévenole.

Michael KOHLHAAS, un beau film d'Arnaud des PALLIERES, ambitieux, qui fait honneur au cinéma français, et qui prouve que celui-ci peut sortir des petites comédies légères, ou de l'éternel exposé des tourments des bobos parisiens.











Christine FILIOD-BRES - 16 août 2013





mercredi 14 août 2013

Littérature - Rita et Witold Gombrowicz



Rita Gombrowicz


" Un matin, au petit déjeuner, Gombrowicz s'est tourné vers moi, et m'a demandé devant les quelques personnes présentes, si je voulais partir avec lui." 
Rita Gombrowicz



C'est très beau, et très simple l'amour.  La scène se déroule au centre culturel de l'Abbaye de Royaumont, en 1964, où Witold Gombrowicz séjourne à l'occasion d'un colloque. Il y rencontre Rita LABROSSE, étudiante canadienne, venue préparer une thèse sur Colette.




Elle le suivra. Et pourtant, une très grande différence d'âge les séparait et la santé de l'écrivain était déficiente, il souffrait d'asthme. Mais l'homme était encore beau, d'une classe, d'une intelligence, et d'une culture remarquables ; son magnétisme était fascinant, non dénué d'une certaine agressivité, qui pouvait se révéler redoutable, tant il ignorait l'hypocrisie.


Il est heureux que cet homme, dont l'existence fut errante et difficile, notamment durant sa période argentine, ait pu être entouré de l'affection et de la bienveillance de son épouse, durant les dernières années de sa vie. J'ai rencontré Rita, il y a quelques années, lors d'un forum littéraire consacré à son mari,  et j'ai été touchée par  cette femme, belle et très digne, qui parlait si bien de l'oeuvre de l'écrivain, et du gentleman polonais d'avant-guerre, qu'était Gombrowicz.


Il meurt dans leur appartement de Vence en 1969, après de grandes souffrances, veillé avec beaucoup de dévouement par Rita. Aujourd'hui, elle se consacre à la mémoire de son mari et a écrit deux ouvrages sur sa vie en Argentine et en Europe. Selon le mot  de Michel Polac, qui était un grand connaisseur et passeur de l'oeuvre de Gombrowicz, "Rita est la seule veuve de la littérature qui ne soit pas abusive."


Witold Gombrowicz - 1904 - 1969
Rita Gombrowicz - 1935



Witold et Rita Gombrowicz à Vence  (Alpes Maritimes)



Witold et Rita Gombrowicz à Vence (Alpes Maritimes)

Witold Gombrowicz


Les promenades en 2CV dans la campagne autour de Vence  (Alpes Maritimes)












mardi 6 août 2013

A la reine d'Espagne





Sophie Reine d'Espagne




A la reine d'Espagne


Aujourd'hui, j'ai pensé à la reine d'Espagne
Elle est triste parfois, sans plus de certitudes

Sur le bateau de Majorque, elle sourit aux enfants
Image des temps heureux, innocence éternelle

Elle n'apparaît encore que pour l'hommage aux morts
Il est à ses côtés, le regard perdu, tendu par la douleur

Il n'est plus son héros et le masque est tombé
Recluse en son palais, elle prie et s'interroge

D'où vient que tout s'effondre, et l'amour et le monde
Aujourd'hui, j'ai pensé à la reine d'Espagne



Christine Filiod-Bres
6 août 2013




















Poésie

Caravelle

J'ai poussé la grille
Elle ne voulait pas s'ouvrir
A terre, les feuilles mortes
Qui se jouent de l'absence

Des branches de roses anciennes
Ployaient sur l'escalier
Dans la maison, le silence
Aux murs, la trace des tableaux

La baigneuse, la barque au couteau
Le matador sombre, le portrait de l'amie
Le clown triste, et la femme en bleu
Seul demeure un dessin, moi, à vingt ans

Dans la chambre du haut, une grande boîte bleue
On  y lit ... Caravelle
Des photos retrouvées, les traces d'une vie
Souvenirs d'Angleterre, un jeune homme

Il a le regard clair, assis sur l'aile d'un avion
Le jour du mariage, il sourit à ton bras
Lui si blond, toi si brune, au regard profond
Ta robe blanche et ton voile de dentelle

Avant de partir pour l'église, tu avais mis le couvert
Sur la nappe blanche damassée, des fleurs du jardin
Tu me l'as donnée, je l'ai gardée pour toujours
Fraîchement repassée, les plis en sont parfaits

D'autres photos encore, au noir et blanc superbe
Nous, sur la place, la fontaine, les pigeons
C'est l'hiver, au parc de la Tête d'Or, il me parle
Il me donne la main,  petite fille effarouchée

Une photo de classe, je suis là, souriante
Un joli tablier, avec des fruits brodés
Une autre avec mon frère
Sur les genoux d'un très beau du Père Noël


Une fin d'après-midi sur les champs de Pologne
Notre Babko juchée sur sa charrette à cheval
Revenant de ses terres, le chien à ses côtés
Son foulard encadrant ses hautes pommettes slaves

C'est l'heure, il faut partir, je referme la boîte
Tous ces instants de vie, à jamais envolés
C'est trop tout ce passé, et mon coeur s'angoisse
Tout est si dérisoire et je pourrais pleurer



Christine Filiod-Bres - 5 août 2013



 Lyon, devant les grilles du parc de la Tête d'Or






Pologne - Les champs à Janov Lubelski - 1969

 Pologne - Janov Lubelski - 1969





lundi 5 août 2013

Mon carnet de haïkus






Dans la bastide encore endormie

Il est un chemin

Vers le jardin des senteurs



Christine Filiod-Bres - 6 août 2013







jeudi 1 août 2013

Poésie



Mon carnet de Haïkus





Les volets s'ouvrent, enfin le matin

Le soleil à travers les arbres

Un bruissement dans le feuillage



Christine Filiod-Bres - juillet 2013




Photo C. FB